"Il nous faut bâtir une société fraternelle"

Avant Jésus-Christ, dans le monde gréco-romain, la fraternité ne s’appliquait qu’aux frères et sœurs d’une même famille. Pour l’amour des autres, on employait le mot philanthropie (amour de l’homme). La fraternité au sens large d’une communauté de frères et sœurs, sans lien de sang, était inconnue. Ce sont les chrétiens qui ont employé les premiers le mot de fraternité avec le sens « d’une communauté de frères et sœurs en Christ ».
Au milieu du 4ème siècle, Titus, évêque arabe de Bostra au sud de Damas, disait avec force : « La parenté du Seigneur n’est pas étroite et son amour pour les hommes n’est pas limité à quelques-uns. Il est venu, en effet, pour appeler le monde entier à une fraternité sans limite. »
Or, dans nos sociétés d’aujourd’hui, nous n’avons gardé de la fraternité que le sens d’une solidarité humaine. Et nous voyons clairement que cette solidarité, ce lien social, est en souffrance car notre monde vit peu la vraie fraternité. Benoît XVI a écrit que « la société toujours plus mondialisée nous rapproche, mais elle ne nous rend pas frères. La raison, à elle seule, est capable de comprendre l’égalité entre les hommes et d’établir une communauté de vie civique, mais elle ne parvient pas à créer la fraternité », (Caritas in veritate, n. 19).
« Le Christ qui a revêtu notre fraternité » nous rend capable de vivre la fraternité envers tous. Que notre paroisse Saint-Jean-Paul-II soit une vraie communauté de frères et sœurs, un laboratoire de fraternité qui nous donnera de propager le souffle de la fraternité autour de nous.
Que nous soyons aussi capables de reconnaître et de rejoindre des hommes et des femmes d’autres cultures, d’autres croyances ou religions en qui nous verrons des témoins d’une fraternité vécue.
P. Emmanuel Daublain,
Curé de la paroisse Saint-Jean-Paul-II.